Derrière le rideau de fumée des arguments séparatistes prévôtois

Derrière le rideau de fumée des arguments séparatistes prévôtois

 Les articles et commentaires des milieux séparatistes ces derniers mois sont particulièrement affligeants par leur petitesse et surtout par leur manque de consistance. Je veux en souligner quelques-uns.

Les caisses noires du gouvernement bernois dont il est fait abondamment mention pour soutenir les milieux antiséparatistes ont bien existées. Le montant total en jeu représentait moins de Fr. 100’000.-. Tout a été dit à ce sujet au parlement et dans la presse. Mais alors pourquoi ne pas parler du million de francs touché par le RJ alors qu’il était quasiment en faillite ? Ce n’est un peu l’histoire de la paille et de la poutre non ?

Autre sujet abordé, celui de la sous-représentation de la région au parlement fédéral. C’est vrai que le canton du Jura dispose au vu de sa population de deux conseillers nationaux. Ceux-ci habitent à proximité, que voulez-vous le canton est petit. Mais il faut tout comparer. Le canton de Berne dispose de 25 conseillers nationaux et plus des deux tiers parlent français. Ils exercent leur mandat dans l’intérêt de toute la population du canton. Ils sont à l’écoute de leurs électeurs et par la force des choses aussi des Jurassiens bernois. Je me permets cette précision parce qu’il faut encore rappeler que si les séparatistes du Jura bernois voulaient œuvrer à la cohésion régionale et joignaient leurs suffrages à ceux des partis traditionnels, la région serait vraisemblablement en mesure d’élire deux conseillers nationaux. Les dissensions liées à la question jurassienne n’ont fait qu’affaiblir notre petit pays. Alors pourquoi attendre et surtout pourquoi vouloir amputer Moutier au Jura bernois ? Qui aime son pays cherche à le servir et non à se servir de lui pour une cause qui lui est néfaste.

Qui connait l’histoire comprend aisément que le terme de Jura historique est inapproprié. Le Jura bernois des sept districts regroupait deux fratries qui n’avaient que peu d’échanges entre elles. Comme dans toute famille étendue, les enterrements étaient bien souvent les seules occasions de réunions des deux populations. Revenir aux luttes confessionnelles et à la période troublée du Kulturkampf pour tenter de dévaloriser le canton de Berne d’aujourd’hui c’est un peu court. Les mentalités ont été marquées par les temps anciens et contrairement à l’avis de certains on ne peut pas changer ce qui est passé. Par contre il est toujours possible d’œuvrer à la compréhension et au respect de tous. Dommage que certains anciens fonctionnaires bernois frustrés se servent de faits peu glorieux pour exprimer dans la presse leurs frustrations.

La similitude culturelle entre les deux régions n’est que partiellement vraie. De par la proximité du Jura bernois avec la région germanophone un esprit de tolérance et de compréhension mutuelle s’est imposé de fait et il n’y a pas à en rougir. Finalement la culture c’est la manière d’être, de penser, d’agir et de sentir, c’est le style des rapports entre communautés linguistiques et confessionnelles, c’est la capacité de percevoir avec lucidité le milieu ambiant. La culture est multiforme et tend à promouvoir tolérance et sensibilité pour les autres et non à se fermer à toute forme de pensée autre que la sienne. Les arguments des séparatistes tendraient plutôt à rattacher la Suisse romande à la France en lui déniant tout génie propre.

Et pour finir parlons de la péréquation financière. En cas de départ de Moutier le canton du Jura toucherait plus de manne fédérale. Et pour cause, cette péréquation est destinée à réduire la différence de capacité financière entre les cantons riches et les cantons pauvres. Elle ne permet pas d’atteindre l’égalité mais tend seulement à ramener les plus faibles à environ 80 % de la moyenne nationale. Chacun comprendra d’autant mieux que si Moutier part le canton du Jura touchera plus qu’actuellement. Mais ceci ne fera pas du Jura un canton plus riche. Ce qui est certain c’est que cette aide fédérale ne servira pas au seul bénéfice de la ville. Voilà encore un mirage qui s’estompe.…

Pierre-Alain Némitz, Bévilard

2017-05-24T12:08:46+00:00